La Cadillac, les jolies filles et le chocolat…

11 novembre, 2005

Fuir ! là-bas fuir…

On a tous en tête des noms dont la puissance évocatrice nous paraît si affûtée que rien ne vient l'émousser. Pas même les années qui, bien au contraire, semblent en aiguiser le fil. Comment l'expliquer, sur quoi cela repose-t-il ? Sur rien ! Rien de précis, en tout cas. La connaissance livresque n'en est pas à l'origine, l'expérience pas davantage. Peut-être s'agit-il d'un simple carambolage d'assonances et de dissonances, diastole et systole sonores dont l'écho résonne dans les régions les plus reculées, ou les plus secrètes, de notre enfance, à travers ce que que celle-ci a pu entendre et attraper de la rumeur du monde.

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Carte postale de Zanzibar

Pour ma part, Aden, Port-Saïd, Addis-Abeba, Djibouti, Mogadiscio, Patagonie, Samarcande, - si loins, si proches - n'en finissent pas de me faire tourner la tête. Égotisme géographique, rêveries éveillées, exotisme de l'âme. Et puis, il y a l'effet produit par Zanzibar, le plus mystérieux d'entre tous, que vient nourrir un peu plus une nouvelle collection lancée par Buda Musique, formidable label où triomphent déjà la série des Éthiopiques, et dont les deux premiers volumes de Zanzibara semblent prolonger l'esprit.

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Roupie de Zanzibar

Comment parler des musiques que nous aimons ? Un bon blogger (mot affreux), un blog utile ne manqueraient pas de dispenser de précieuses informations sur les musiques populaires swahilies de la côte orientale de l’Afrique - Tanzanie, Kenya, Mozambique, Somalie, Comores - auxquelles est consacrée cette toute nouvelle collection. Il dirait trois mots du taarab, préciserait que, venu de l'arabe, c'est un mot qui signifie émoi, ou extase, qu'il s'agit d'un genre musical propre à la méditation et à la danse, concept tout à fait incompréhensible en Occident.
Seulement voilà. Je ne suis pas un bon blogger (idem) et tout cela ne m'intéresse pas. Ou pas beaucoup. Ou de loin. Je préfère rêver. Que se passait-il dans les clubs de Zanzibar, tout au long du siècle dernier ? Sur quels rythmes les jeunes filles tentaient-elles d'affoler les garçons, quelles danses chaloupées leur permettaient-ils de les tenir un instant - une éternité - dans leurs bras ? Ce qui m'intéresse, avec la musique, c'est ça, c'est l'amour, le désir, la mouille. Le reste, n'est que le reste…

Jeunes femmes swahilies

Alors, en piste…!


Blind Test du jour

Blind Test du 2 novembre
Cellar Song - Palace Brothers - There Is No One What Will Take Care Of You - Big Cat Records - 1993

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