Onze titres efflanqués - le plus long ne dépasse pas quatre minutes - font un total de vingt-sept minutes en tout et pour tout, d'un blues rustique dont la puissance musicale catapulte Herman Alexander dans la communauté, plus fermée qu'on ne le croît, des très grands musiciens de blues. Pour l'éternité ! N'en déplaise à Wim Wenders, ces musiciens-là n'ont jamais eu besoin de sauter en l'air ni de déclencher des ouragans de décibels pour laisser empreintes et souvenirs inoubliables. Un costume étriqué, une guitare acoustique, une vie dans le meilleur des cas, faisaient amplement l'affaire.
Sortie de cinéma sur Beale Street, 1939
Né à Tunica, Mississippi, le 1er janvier 1925, Herman Alexander apprend à jouer de la guitare en écoutant des disques tandis que son père lui enseigne l'harmonica. Quelques années plus tard, il rencontre le pianiste Alabama Red auprès duquel il parachèvera sa formation en élargissant considérablement son répertoire. Musicien des rues, sa notoriété n'aurait probablement jamais dépassé Beale Street et Handy Park (Memphis), si les responsables du label autrichien Wolf Records n'avaient eu la bonne idée de l'enregistrer. On peut regretter à ce sujet qu'il ait été nécessaire d'adjoindre à ces onze pistes huit titres inédits de CeDell Davis. Malgré tout l'amour que nous vouons à celui-ci, un disque intégralement consacré à l'œuvre d'Herman Alexander aurait sans doute été préférable.La matière première est ici
La démonstration, là
- Poor Boy Blues (Highway 61 - Wolf Records, 1990)
- Baby Please Don't Go (idem)
- Catfish Blues (idem)
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