Toute réflexion faite, je pense qu'il n'avait pas tort, Charlie Feathers. Et que le rock 'n' roll lui doit beaucoup ! Peut-être n'en est-il pas exactement le père - tout le monde s'en fiche au fond - mais le rock n'aurait pas été le même sans ces quarante-deux titres essentiels réunis où j'ai dit. En plus Elvis et lui s'étaient croisés, chez Sun Records bien sûr, avant que Charlie ne prenne ses cliques et ses claques, excédé par Sam Philips, le patron, qui tenait absolument à en faire un chanteur de country.
Comment brosser le portrait d'un homme dont la musique, primitive, brute - si possédée que le Bon Dieu lui-même, à supposer qu'il existe, serait bien en peine d'en exorciser les démons - n'a pas d'égale. Faut-il s'en tenir aux rares images que propose le net, à sa belle gueule de cow-boy de cinéma, palimpseste de Chet Baker, James Dean et Jack Palance ? À l'état civil ? Lequel prétend qu'il vit le jour le 12 juin 1932 à Holly Springs pour entrer, un soir d'août 1998, dans la nuit éternelle. Comme je l'ignore, on se passera de portrait !
Il suffit d'écouter, c'est plus simple. Laissez-vous faire ! Et avec un peu de chance, vous arpenterez bientôt les trottoirs de Memphis à la poursuite d'un fantôme dont les rêves sauvages ont été emportés par le vent.
- One Hand Loose (1956 - Get With it : Essential Recordings 1954-69)
- When You Decide (1957 - idem)
- I've Been Deceived (1955 - idem)
- Feel Good Again (1969 - Junior Kimbrough (gtr, vcl) ; Charlie Feathers (gtl) - idem)
Blind Test du jour
- Nomen Nescio (très, très, facile)
Mwana Wa Ndigwa - Mbiri Young Stars - The Nairobi Beat : Kenyan Pop Music Today - Rounder